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Simone Veil l’immortelle – coulisses d’un album

14 juillet 2018

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Dessiner une bande dessinée est un travail long et fastidieux.

Il m’aura fallu un an et demi pour dessiner le livre Simone Veil, l’immortelle.

 

C’est en décembre 2016 que Pascal Bresson m’a contacté pour travailler sur ce projet et début 2017 que l’album a été signé chez Marabulles. Au milieu du projet, Simone Veil nous quittait. De mon côté étrange sentiment car j’étais à étranger à ce moment en train de faire des crayonnés quand famille et amis m’envoyaient des SMS de France pour me prévenir de son décès. Je n’ai pu ressentir le deuil national qui s’en suivit.

 

On ne se rend pas forcément compte, mais dessiner demande beaucoup d’investissement et de documentation et pas seulement photographique. Ce n’est pas qu’une étape technique dans la réalisation du projet.

Pour ma part, même si je connaissais la figure politique, je ne connaissais pas en détails le parcours de la femme J’ai du me renseigner en utilisant tous les supports disponibles (livres, articles de presse, documentaires dont un témoignage qui m’a beaucoup marqué, visible sur youtube en 3 parties que je recommande.) Ces éléments même s’ils ne servent pas directement le dessin permettent de s’imprégner du personnage et d’essayer d’en comprendre la psychologie pour retranscrire ça visuellement.

 

Mais ça ne s’arrête pas là, car chaque décors ou période demande sa documentation individuelle, parfois difficile à trouver.

Pour la période de la guerre, ma série Les Combattants (scénario Laurent Rullier) m’y avait préparé.

 

Du détail des événements qui se sont déroulés à Drancy, je ne connaissais que l’essentiel. Il m’a fallu aussi lire et visionner des documentaires, notamment pour mieux en comprendre l’architecture et le triste destin de cet ensemble architectural.

 

Concernant les camps de concentration, c’est la projection de Nuit et brouillard au collège qui restera ma plus forte influence. Pour autant ce souvenir lointain et tellement prégnant ne suffisait pas à la documentation. Il m’a fallu également visionner de nombreuses videos, emprunter des ouvrages à la bibliothèque. Comparaison d’images, aide d’amis historiens (merci Stéphane Tamaillon), croisement de sources, aide de google map et google Earth m’on également permis de mieux comprendre les lieux, notamment Birkenau.

Un travail de visionnage souvent difficile à supporter.

 

Un album de presque 180 pages, c’est des centaines de photos dans la photothèque de l’ordinateur pour des détails parfois insignifiants.

 

Enfin ce projet fut l’occasion pour moi de finir par me rendre au Mémorial de la Shoah à Paris, chose que je repoussais depuis des années, car se plonger dans ces événements horribles, n’est pas chose si facile. J’ai pu y chercher le nom de la petite Simone Jacob qui se trouvait dans la liste des déportés. Dernière émotion forte dans la réalisation de cet ouvrage.

 

J’espère que ces informations permettront aux lecteurs de mieux comprendre le travail du metteur en dessins d’un projet BD et d’en apprécier d’autant plus la lecture. Qu’il sache également quelle exigence nous avons apporté à ce projet Pascal et moi, à l’heure ou Simone Veil et son mari rejoignent les grands hommes et femmes au Panthéon.

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